ASPECTS NOUVEAUX DE LA PREPARATION PHYSIQUE EN SPORTS COLLECTIFS

Illustration en football

par Gilles COMETTI maître de conférence à l'UFR STAPS de Dijon



Chercheur et enseignant, Gilles Cometti a mis aussi en pratique ces théories, aussi bien en atlhétisme qu'en football, (particulièrement en Italie) et a largement contribué à rénover les concepts de préparation physique au point aujourd'hui de parler de "méthode Cometti". Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "football et musculation" chez Actio et "la préparation physique en football " du Centre d'Expertise de la Performance que vous pouvez vous procurer en allant sur le site du centre : www.u-bourgogne.fr/EXPERTISE-PERFORMANCE/


1ere Partie

1) LES 3 ETAPES DE L'HISTOIRE DE LA PREPARATION PHYSIQUE :
Une analyse des conceptions de la préparation physique nous permet de dégager 3 moments (fig.1}:
- la période centrée uniquement sur l'endurance
- la période endurance-musculation
- la période musculation (et endurance à partir de la musculation) qui est celle que nous préconisons


figure 1 : les 3 étapes de l'évolution de la préparation physique en football.


2) LES EXIGENCES PHYSIQUES DU FOOTBALL :
Comment se caractérise l'effort du footballeur ?
Il est composé avant tout d'efforts explosifs. et ces efforts explosifs sont répétés de nombreuses fois.


figure 2 : les efforts en football sont explosifs et ils sont répétès.


Il faut donc retenir 2 choses EXPLOSIFS et REPETES.
Ici 2 attitudes sont possibles (fig. 3) :
- soit on part de l'aspect "EXPLOSIF", on a alors une attitude que nous avons appelée qualitative qui implique un entrainement basé sur la force
- soit on retient surtout l'aspect "REPETE", on adopte une attitude quantitative basée uniquement sur l'endurance.


3) LA PREPARATION PHYSIQUE CONSTRUITE A PARTIR DE L'ENDURANCE, L'ATTITUDE QUANTITATIVE :
La conception la plus répandue de la préparation physique est basée essentiellement sur l'endurance.
Pourquoi une telle attitude ? Les études menées en France sur le football on montré que la plupart des efforts fournis par un joueur sont de type lent ou à moyenne vitesse, ainsi nous avons constater que les efforts explosifs (brefs et rapides) représente environ 5 % du temps de jeu du joueur (études menées sur des matchs du championnat de France)


figure 4 : la répartition des efforts en football.


La logique des entraîneurs s'est immédiatement tournée vers les 95 % de jeu (dont 35 % de repos) en pensant que la préparation physique devait se consacrer principalement à ce type d'efforts.
Ce raisonnement correspondait particulièrement bien à ce que l'on considérait comme essentiel dans le développement de l'endurance.
Essayons de la résumer : on développe les différentes filières :
aérobie, anaérobie lactique et anaérobie alactique. Le travail aérobie constitue la base sur laquelle doivent reposer les 2 autres. On peut représenter cela sous forme d'une pyramide (figure 5 ). Les efforts explosifs sont placés après une période nécessaire d'endurance.

figure 5 : la conception traditionnelle de l'amélioration des qualités physiques.

C'est cette pyramide qui a plongé la préparation physique dans l'ère de l'endurance
Parmi les moyens disponibles pour améliorer l'endurance la course continue a longtemps constitué la base essentielle, que l'on parle d'endurance fondamentale avec un niveau de pulsation faible (130) ou de travail à vitesse maximale aérobie.

4) LA PREPARATION PHYSIQUE CONSTRUITE A PARTIR DE LA FORCE, L'ATTITUDE QUALITATIVE :
4.1) Les limites de la conception centrée sur "l'endurance" :
La "pyramide de l'endurance" souffre d'une importante limite. On arrive à la contradiction suivante :
pour préparer des efforts explosifs brefs de grande qualité on utilise des exercices lents en grosse quantité. On oublie que musculairement ces 2 types d'efforts n'ont rien avoir. On peut même ajouter que dans un cas on développe les fibres lentes (endurance) et que dans l'autre on a besoin surtout des fibres rapides (explosivité). (fig. 6) Or l'antagonisme physiologique entre ces 2 types de fibres est connu depuis longtemps :
on ne prépare pas les fibres rapides en entraînant les fibres lentes.


figure 6 : il y a une opposition entre fibres lentes et fibre rapides. Le bas de la pyramide est incompatible avec le haut


On peut même rappeler les données d'Howald concernant la transformation des fibres.(fig.7)


figure 7 : schéma de transformation des fibres selon Howald


Ce schéma signifie que la transformation des fibres rapides en fibres lentes est facile (grosses flèches), l'inverse (lentes vers rapides) est très difficile (petites flèches).


Alors comment obtenir des joueurs explosifs et rapides avec un entraînement basé exclusivement sur une logique de fibres lentes ?

Partie 2