Certaines particularités sont propres à l'enfance et à l'adolescence :
- les os sont plus souples en raison de la plus grande proportion de matériaux organiques relativement mous. Cependant, leur résistance à la traction et à la pression est moindre que celle des adultes ce qui limite la capacité de l'ensemble du système squelettique à supporter des charges élevées.
- les tissus tendineux et ligamentaires ne sont pas encore assez résistants à la traction, car leur structure micellaire est peu marquée (les micelles forment des structures semblables à des réseaux cristallins), et ils présentent. Une plus grande proportion de tissus intercellulaires ; en raison de leur rythme de division lié à la croissance, les tissus cartilagineux et, plus précisément, les cartilages de conjugaison qui ne sont pas encore ossifiés présentent un risque de blessure très élevé lorsqu'ils sont soumis à de fortes pressions ou à des forces de cisaillement élevées.
Dans l'ensemble, on constate qu'un effort sous-maximal, adapté à la croissance, diversifié, ne sollicitant pas unilatéralement l'appareil locomoteur, représente un stimulus approprié tant pour la croissance que pour l'amélioration des structures. Des efforts unilatéraux, maximaux ou exécutés sans préparation durant la croissance peuvent, en revanche, provoquer à plus ou moins long terme (blessures à retardement) la destruction des tissus concernés.
Il faut également mentionner, en rapport avec ce qui a été dit précédemment, que les structures de l'appareil locomoteur passif de l'enfant et de l'adolescent s'adaptent bio positivement à des charges adéquates ; cependant, la vitesse de cette adaptation n'est pas comparable à celle de l'appareil locomoteur actif : alors que dans les muscles on peut déjà observer des modifications fonctionnelles et morphologiques une semaine après un stimulus d'entraînement, dans les os, les cartilages, les tendons et les ligaments, ces changements ne sont apparents qu'après plusieurs semaines d'entraînement. Cette adaptation lente associée à une plus grande sensibilité de l'organisme aux surcharges, en raison de la croissance, exige que les enfants effectuent une progression rigoureuse dans le dosage de la charge afin d'assurer aux structures passives supportant le mouvement une période d'adaptation suffisamment longue et afin de ne pas dépasser les limites de l'organisme et d'éviter ainsi les accidents qui en sont la conséquence (Weineck 1982).